L.AMIRAULT – « Un ironman, c’est une partie de poker »

On revient avec Lucas aujourd'hui sur l'IRONMAN de Francfort... Il a créé la surprise en venant frôler le top 10, et en rentrant un superbe marathon en cassant la fameuse barre des 3 heures... Débrif'.

Quelles étaient tes objectifs et ambitions sur cette épreuve ?

Je n'avais pas spécialement d'objectif sur cette épreuve, mes ambitions sur cette course était vu directement avec Karoly. Quand je m'aligne sur une course c'est avant tout pour prendre un maximum de plaisir après j'avais comme ambition de faire mieux que l'an passé où j'avais pris une 33e place.

Comment a évolué ta confiance durant cette épreuve ? quels étaient tes doutes ou tes moments forts ?

Au début, ma course n'a pas forcément très bien commencé avec une natation très moyenne et une pénalité à la sortie de l'air de transition de 1' minute ce qui me fait perdre directement le pack. J'ai réussi très rapidement à recoller et à prendre la tête du pack. Pour la suite de la course je me suis vraiment focaliser sur mon alimentation et ma puissance vélo.
Au moment de la pause vélo je savais que j'avais des très bonnes jambes pour pouvoir courir et sortir un très beau chrono. Je savais que je pouvais passer sous les 3 heures au vu des entraînements que j'avais fait quelques semaines auparavant.
Pour ma part le moment le plus fort de la course, lors du 5e km je repasse 10e de la course. À ce moment-là je ne savais pas l'avance que j'avais ou le retard que j'avais sur mes concurrents ni même la place que j'occupais.

Il y a avait le mythe Jan Frodeno au départ, est-t-il un modèle ou un concurrent pour toi ?

Francfort est toujours une course à très relevé avec de multiples champion du monde, des athlètes comme Patrick Lange, Jan Frodeno, Patrick Nilson, ... sont tous des exemples pour moi. Je suis petit face à eux.
Patrick Nilson est même venu me voir après l'arrivée pour me dire "You will be a great triathlete in short time".
J'ai 23 ans et je suis en concurrence avec des athlètes de minimum 27 ans donc j'ai le temps de progresser et d'atteindre un niveau digne d'Hawaï.
Frodeno reste un symbole pour les triathlètes, et j'espère qu'il sera mon adversaire dans quelques temps quand je pourrais le dépasser 😛

S’il y avait une leçon à tirer de cette course, quelle serait-elle ?

Une leçon? Que l'ironman est une course difficile qui demande beaucoup d'entraînement, et surtout un gros mental.
Je ne m'entraîne pas autant que les athlètes du top 10 mais avec de l'entraînement de qualité et un bon entraîneur tout peut se concrétiser.

Qu'est ce que tu changerais si la course était à refaire ? Garderais ? Jetterais ?

Pour être sincère je ne changerai rien à la course. Un Ironman, c'est une partie de poker : tu as les cartes en main et tu joues avec ce que tu as. J'ai joué jusqu'au bout et je me suis battu jusqu'à la ligne d'arrivée.