Mon sport, ma passion… ma frustration !

Plus que jamais, les sports d’endurance requièrent un investissement hors-norme pour performer à son meilleur niveau. Le moindre effort est mesuré, chaque tâche est chronométrée, la récupération anticipée, les plaisirs sacrifiés… Aujourd’hui, l’athlète d’endurance est avant tout un athlète motivé ! Motivé ? Passionné !! Mais sa passion est-elle toujours bénéfique ? C’est ce dont nous discutons ici.

 

Cette passion dans le sport, on la retrouve partout. D’abord dans la compétition, évidemment, avec l’intensité des douleurs endurées, le dépassement de soi… Mais aussi et surtout à l’entraînement. L’entraînement : un lieu où l’assiduité et l’intensité s’érigent en maître pour la performance d’endurance, certes. Mais un lieu où s’impose aussi une certaine rigueur : toutes les actions de l’athlète sont mises au service d’une seule fin, le progrès.

Ainsi la passion peut ne pas être qu’une ressource, on le devine. Elle peut aussi « gangréner » l’athlète en devenant synonyme de folle persévérance. Elle peut lui faire perdre pied. Elle peut démanteler la rationalité de l’entraînement. Le risque d’un tel manque de lucidité, c’est finalement le déséquilibre de la balance entre charge et récupération. Regardez.

 

CHARGE D’ENTRAÎNEMENT : DES ORIGINES PASSIONELLES ?

Vous l’avez déjà vécue, cette situation où vous éprouvez le besoin de partir courir… Comme ça, sans raison apparente et sans attendre. C’est une réalité pour beaucoup, malheureusement. « Malheureusement », car c’est une réalité qui conditionne aussi un élément clé de votre préparation : votre état de forme. En effet, en dictant votre comportement, votre impulsivité du jour oriente votre entraînement de demain : surmenage, blessure, stabilisation ou à l’inverse efficience et progrès. En clair, la relation impulsion-entraînement est très importante pour votre performance.

La question à vous poser alors, c’est celle de la nature de cette passion. Est-elle « harmonieuse » ? Ou « obsessive » ? La première est légère, ressourçante et positive. La seconde est pour sa part caractérisée par un manque de flexibilité : la réalisation bornée d’un plan d’entraînement figé ou pire, revu à la hausse. Toutes deux conduisent à un investissement extraordinaire de l’athlète, c’est évident. Pourtant, seulement l’une d’elle est synonyme de progrès à long-terme… C’est pourquoi dans l’immédiat, l’athlète lui-même peut s’y perdre.

 

QUELLE PASSION POUR LA PERFORMANCE ?

Si votre motivation est « intrinsèque » alors elle est manifestée par la recherche de la pratique elle-même, du plaisir pris « dans » la réalisation. Lorsque l’activité prend un tel ancrage identitaire, la passion harmonieuse se développe. On parle d’activité autotélique : « J’aime faire donc je fais« .

À l’exercice, une telle passion est synonyme de joie, de sentiment d’autonomie et de maitrise, ainsi que d’un fort niveau de concentration. On évoque même parfois « l’état de flow », cet état psychologique dans lequel on a l’impression que le temps ralenti. Toutes ces caractéristiques supposent autant le plaisir (composante affective) que la capacité à décider lucidement (composante cognitive).

À l’inverse, si votre motivation est orientée vers des buts externes à l’activité, elle vous « oblige » à pratiquer. Vous pouvez vous sentir « soumis » à d’autres causes que la votre. Vous développez alors une passion obsessive, ce qui est est aliénant pour une raison simple : l’estime que vous avez de vous-même devient une conséquence de l’entraînement. « Si je ne m’entraîne pas, je suis nul« .

Dans ce cas là, l’entraînement devient source de pression car l’athlète se retrouve généralement en position de « non-choix » : il culpabilise s’il ne pratique pas et s’il pratique, il manque de focus et stresse facilement. La recherche du mérite le guide, il court éperdument derrière un graal qu’il ne s’est pas lui-même fixé.

 

LA BONNE PASSION EST « POUR DEMAIN ».

Et oui, c’est d’abord le bénéfice de l’entraînement à moyen-terme qui doit guider vos choix. Non pas l’impulsivité. Surtout à l’entraînement ! Alors, pour être en cohérence avec votre charge d’entraînement générale, nous vous conseillons 3 problématiques à considérer quand ce « besoin irrépressible de partir courir » vous prend :

1- « Quelles seront les charges parallèles ? » Posez-vous la question des tâches qui restent à faire avant / après l’entraînement, elles ouvriront votre perspective sur votre niveau de fatigue probable en fin de journée.

2- « Quel était le plan d’entraînement ? » Jetez donc un oeil à vos futures séances de manière à savoir si votre envie de courir ne pourrait pas limiter le bon déroulement de votre séance HIT de demain…

3- « Quel est mon besoin de récupération ? » On n’y pense pas assez alors que c’est une évidence: combien de temps de repos pour cette séance en plus de ce qui était déjà prévu ?

 

Avec ceci en tête, vous pouvez maintenant tenter d’identifier les motifs qui vous poussent à courir. La quête du record ? Le culte du corps ? Le partage ou encore la recherche de rigueur ? Savoir, c’est la première étape. Ensuite, à vous de savoir combien ces motifs sont des leviers… ou des freins à la performance.

 

GUTAÏ : DU SUR-MESURE. 

Ce qui est bien avec votre application d’entraînement GUTAÏ, c’est d’abord que vous pouvez choisir votre programme en termes d’objectif, de nombre de semaines de préparation et de volume horaire hebdomadaire. Avec ce système de filtres, vous bénéficiez donc d’un premier outil sur lequel vous baser pour savoir si vous devez en faire plus ou non. Ce qui apportera une réponse initiale à vos envies soudaines de courir.

Ensuite, GUTAÏ a appris (avec de l’IA) à faire la différence entre votre bon état de forme et votre état de fatigue. Cette fonction est juste excellente puisqu’elle compare vos données du moment à vos données historiques pour savoir si tout est ok dans votre réaction à l’entraînement. En conséquence, vous bénéficiez d’un avis objectif supplémentaire pour trancher. Par exemple, si votre état est négatif, c’est que GUTAÏ a détecté de réels marqueurs de fatigue dans vos données RPE, FC, HRR, Wellness et qu’il serait néfaste d’en rajouter une couche. Et si jamais votre état est positif mais que votre programme ne prévoit rien, sachez que vous aurez toujours la possibilité de vous auto-programmer des séances dans votre Calendrier (à partir du module Senshi).

 

Pour aller plus loin : Schiphof-Godart & Hettinga, Frontiers Physiol, 2017