Le bon coach, c’est celui qui… (1/3)

 


 

Dans le monde de l’entraînement actuel, le détail règne en maître. Ce n’est ainsi pas pour rien que l’on s’intéresse à l’entraînement de l’athlète (distance, volume, etc.) autant qu’à la manière dont il y répond (fréquence cardiaque, ressenti, etc.), à son quotidien (qualité de vie, sommeil, etc.) ou encore ce qu’il mange pendant une course. S’il suffisait alors au coach de « peser » ces différents détails pour en appréhender leurs effets sur la performance, cela se saurait, un jeu d’additions et de soustractions suffirait… Au contraire pour un entraîneur, l’attitude à adopter vis-à-vis d’un athlète reste difficile à déterminer. Voici donc une série de trois articles dont l’idée est d’objectiver / encourager certains principes d’efficacité propres à toute intervention d’accompagnement sportif.

 

À cause d’un suivi de l’athlète qui est toujours partiel, des décalages existent forcément entre les intentions qu’a l’entraîneur et les effets réels de son entraînement sur l’athlète. La séance planifiée peut par exemple viserune sollicitation physiologique importante et de faibles tensions musculaires, mais finalement induire des contraintes musculaires qui vont s’avérer délétères pour la bonne assimilation des autres séances d’entraînement. Ce décalage vaut pour tout, autant pour un bloc de « surcharge » que pour un « affûtage ».

Logiquement, ce type de décalage est donc à la base d’une régulation de l’entraînement. Celle-ci peut se faire d’une semaine sur l’autre, voire d’un jour au lendemain. En effet, cette régulation a pour but d’optimiser les effets du futur entraînement au regard des entraînements effectués, en manipulant les différents paramètres à disposition (matériel, charge d’entraînement, récupération…). Il est donc essentiel d’avoir des mesures autant fréquentes que fiables – l’objectif étant toujours de se rapprocher au plus près des intentions initiales du coach.

Or, à moins de posséder une culture scientifique exhaustive couplée à une expérience solide ainsi qu’une pointe de don, il sera indispensable de s’appuyer sur des outils de mesure en tant qu’aide à la décision. Dans une perspective de fiabilité, cette démarche est incontournable mais doit être critique (notamment dans le coaching à distance). Par exemple, si les mesures sanguines permettent de quantifier la lactatémie, la glycémie… elles s’avèrent incompatibles avec l’entraînement régulier. Autre exemple : le ressenti de l’athlète peut s’avérer très utile… mais se trouve aussi biaisé par des réactions sans importance pour l’entraînement comme le niveau de confusion ou de bien-être social.

 

Aujourd’hui, la diversité des mesures permet de les catégoriser selon plusieurs axes. Ces axes, chaque coach les connait inconsciemment car ils conditionnent ses choix. Des choix souvent simples (cardio, montre GPS, ressenti), parfois complexes (accéléromètre, mesures urinaires / salivaires / sanguines / gareuses), mais toujours complémentaires. Sur cette base de complémentarité, voici un « filtre » pour sélectionner vos outils d’entraînement et en faire des moyens de mesure opérationnels dans le processus de régulation d’entraînement.

L’Efficience : c’est-à-dire des outils qui associent Efficacité et Rapidité d’utilisation par le coach ou l’athlète (moins de 5-10’).

L’Administrabilité : des outils simples à prendre en main et que l’on peut calibrer à souhait.

Le Coût : des outils qui requièrent peu de ressources financières, d’équipement et/ou humaines.

La Sollicitation : des outils qui n’interfèrent pas avec le programme d’entraînement de l’athlète (i.e., peu fatiguants).

La Scalabilité : des outils qui autorisent le suivi d’un seul athlète comme de plusieurs athlètes simultanément.

Non-invasif : des outils qui ne génèrent ni appréhension chez l’athlète, ni plaies, ni risques infectieux.

La Fiabilité : des outils qui ne mesure que ce qu’ils sont censés mesurer, sans interférence possible avec d’autres marqueurs/substances.

La Sensibilité : des outils qui détectent efficacement, même les variations les plus insignifiantes.

 

Ce système de filtre permet d’isoler les outils les plus à même de s’insérer facilement dans le quotidien du coach. Cette sélection étant toujours au service d’une même problématique prioritaire pour le coach : la prévention de la blessure.